Maison Dewin-Quillet

Avenue Molière 151
Forest

Date(s)
1905
Commanditaire(s)
Jean-Baptiste Dewin
Statut
Classé
Source(s)

ACF/Urb. 3894 (1905), 7316 (1922) / L’Émulation, 1907, pl. 8 / L’Émulation, 1925, 3, pl . 12

La maison personnelle de Jean-Baptiste Dewin (1907) rassemble toute la grammaire Art nouveau que l’architecte affectionne. On y retrouve une façade de teinte blanche, des fenêtres et impostes à meneaux, des mosaïques sous corniche dans les tons or et sanguin, désormais accompagnés d’éléments plus raffinés, à l’extérieur comme à l’intérieur. La maison est reproduite dès 1907 dans L’Émulation (pl. 8) et un cliché des pièces de réception du bel étage paraît dans la même revue en 1925 (pl. 12), suite à des réaménagements décoratifs menés par l’architecte.

Partout se retrouve le motif de l’ovale subdivisé par des traits verticaux ou horizontaux, par des courbes ou des carrés, soutenu ou non par des tiges : la frise qui couronne la grille du jardinet – délimitant l’univers de l’architecte, qui fait entrer le visiteur dans son « monde » –, les mosaïques sous corniche, les vitraux « aériens » des baies du bel étage en demi-lune (où les ovales sont enserrés dans des carrés), les impostes de la travée d’accès (où ils sont montés en fleurs stylisées sur tige), le vitrail intérieur dans le hall d’entrée, la frise orangée du garde-corps de l’escalier du hall (où ils sont divisés par un trait vertical), les motifs des pochoirs des pièces de réception… Pour la première fois apparaissent dans les baies en demi-lune du bel étage des vitraux « aériens », dont Dewin fera par la suite volontiers usage. Il s’agit de vitraux enserrés entre des vitrages translucides. Là aussi, l’ovale domine toutes les compositions, porté ou non par des tiges ou encerclé de corolles stylisées.

Dans le hall d’entrée, qui rassemble une série d’éléments décoratifs, matériaux, couleurs et textures se répondent dans une cohérence formelle éblouissante : quatre carrés blancs de part et d’autre de chaque marche, des murs à bandeaux clairs et foncés en granito, frise de marbre et frise anthropomorphe peinte (où des personnages sont réduits à un ovale pour la tête, trois carrés pour le corps et des tiges verticales pour les jambes), elle-même surmontée par une frise égyptisante où se succèdent des bovidés à cornes. À noter que le garde-corps en ferronnerie de l’escalier est composé de tiges verticales groupées par trois, qui se retrouvent par la suite dans l’escalier de bois vers les étages.

Dans les pièces de réception, pour lesquelles Dewin ne remet pas en cause la distribution classique des trois pièces en enfilade, ce sont les colonnes en laiton doré groupées par quatre sur des socles en marbre foncé qui retiennent d’abord l’attention (on les retrouvera reproduites à l’identique dans l’hôtel Danckaert en 1922), puis c’est le vitrail d’imposte très coloré qui donne sur le jardin, scandé par six marabouts orangés, un oiseau « totem » pour l’architecte puisqu’il le reproduira dans les vitraux d’imposte de l’institut ophtalmologique du Dr Richard Frère à Anderlecht (1912) ainsi que, bien plus tard, dans l’hôtel Danckaert à Forest.

Le marabout permet à Dewin d’amplifier la verticalité dans les motifs. Cet oiseau sera en outre abondamment utilisé dans les sculptures animalières de l’hôtel communal de Forest. L’élément central du vitrail aux marabouts est constitué d’une bande verticale de branches de cerisiers, lesquelles seront reprises quasi telles quelles pour les vitraux aériens.

Extrait de l’article inédit de Benoît Schoonbroodt, Jean-Baptiste DEWIN (1873-1948), mai 2026.

https://patrimoine.brussels/liens/publications-numeriques/versions-pdf/articles-de-la-revue-bruxelles-patrimoines/numero-10/article-10-5

https://patrimoine.brussels/liens/publications-numeriques/versions-pdf/articles-de-la-revue-bruxelles-patrimoines/numero-10/article-10-7

 

 

Date(s)
1905
Commanditaire(s)
Jean-Baptiste Dewin
Statut
Classé
Source(s)

ACF/Urb. 3894 (1905), 7316 (1922) / L’Émulation, 1907, pl. 8 / L’Émulation, 1925, 3, pl . 12

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