Robustesse et élégance

Il nous reste un certain nombre de portraits à l’huile de Jean-Baptiste Dewin. Le plus vivant et le plus sincère d’entre eux est sans conteste celui qu’en dresse en 1932 Omer Dierickx, conservé à l’hôtel communal de Forest, et qui dévoile en arrière-plan l’hôpital Saint-Pierre, dont il était très fier, alors pas encore tout à fait achevé. Ce portrait nous livre pas mal d’éléments sur l’homme qu’il était.

On pourrait le décrire à la fois comme élégant et robuste, à l’image de son architecture. Élégant par sa tenue vestimentaire (chapeau noir, nœud papillon noir, costume trois pièces avec gilet et montre à gousset au milieu de la poitrine, chemise blanche à col), sa bague à l’annulaire droit ornée d’un saphir de forme hexagonale, ses mains relevées sur les rebords de la veste, sa petite moustache et son bouc sur le menton. Robuste aussi, avec ce regard déterminé marqué par des yeux pétillants de malice, cet air jovial qui esquisse un sourire bonhomme, cet embonpoint à peine dissimulé, dénotant le bon vivant qu’il était, aimant bonne chère et bon vin.

Le portrait à l’huile qu’en dresse son ami Joseph De Coene en 1937 manque de finesse et de détails, mais confirme l’élégance de ses tenues, son regard vif et déterminé, une personnalité forte et une stature imposante. Du reste, le chroniqueur Georges Verdavaine le décrit dans un article publié en janvier 1924 dans Savoir et Beauté comme ayant « solide carrure, larges épaules apportant une idée de force, ténacité et persévérance. La tête robuste et pleine confirme cette impression. Des yeux profonds et observateurs l’éclairent ».

La médaille carrée que lui consacre le sculpteur Jacques Marin en 1932 confirme un profil à forte stature, le port du chapeau et du nœud papillon, le costume taillé sur mesure et la barbichette. Ce sont donc là des caractéristiques bien assises dans les représentations de l’architecte.

Extrait de l’article inédit de Benoît Schoonbroodt, Jean-Baptiste DEWIN (1873-1948), mai 2026.

 

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