Villa Collart-Vangobbelschroy

Avenue des Fleurs 6
Woluwe-Saint-Pierre

Typologie(s)
Villa
Date(s)
1927
Commanditaire(s)
Charles Collart, agent de change
Source(s)

L’Émulation, 1929, 6, p. 50

Cette villa est commanditée par Charles Collart, un agent de change qui perdra une partie de sa fortune dans le krach boursier de 1929 et décède peu après, en 1936.

Une demi-douzaine de clichés noir et blanc du photographe Émile Sergysels, pris à l’achèvement du chantier, permettent de se rendre compte de son aspect d’origine. La villa en impose par sa volumétrie. De ses quatre larges et hautes façades émergent des bow-windows de forme trapézoïdale aux premier et deuxième étages et des lucarnes sous toiture à demi-croupe. Les toitures mansardées couvertes d’ardoises sont sommées de très hautes cheminées en briques couronnées par des colonnettes trapues et galbées en pierre. Sous la corniche, on retrouve un large bandeau en crépi à la grenaille de Quenast, qui n’est cependant pas taloché en écailles de poisson comme au no 34 avenue Gisseleire-Versé à Berchem-Sainte-Agathe.

Les deux portiques d’entrée à rue, l’un pour l’entrée principale de la villa, l’autre pour le garage, étaient respectivement sommés d’une arcade concave en bois pour rosiers et d’une pergola en bois sur colonnettes sculptées, aujourd’hui disparue.

L’entrée principale de la villa, située en façade latérale droite, est protégée par un grand porche soutenu par de puissantes colonnes carrées en briques et pierre blanche, sculptées de grands marabouts sur les quatre faces. À l’origine, un balcon de bois animait la fenêtre du premier étage en façade arrière. Une terrasse-pergola, couverte à l’origine, occupe l’angle arrière droit, donnant vue sur le jardin. Plusieurs de ses colonnes de soutènement ont disparu, à l’exception de leurs couronnements de pierre blanche, reconvertis en cache-pots.

Un premier hall d’accueil, recouvert de marbre et de carreaux de mosaïque au sol ainsi que de lambris de marbre, présente plusieurs particularités : cache-radiateurs en laiton avec motifs de spirales, meuble-vestiaire encastré en chêne, qui accueille sur ses côtés un porte-parapluie et un porte-chapeau à fines portes verticales, petites alcôves concaves dans les murs latéraux des quelques marches d’escalier menant au grand hall de réception. Espace d’intimité et d’accueil à la fois, il allie élégance des matériaux, raffinement des motifs décoratifs et sobriété.

Ce premier hall présente une double porte aux huisseries chromées (comme toutes celles du rez-de-chaussée) qui conduit à un second hall de réception, plus vaste, entièrement parqueté et dont les murs sont couverts jusqu’à mi-hauteur de lambris en chêne à pointes de diamant en trompe-l’œil. Ce hall dessert toutes les pièces de vie, dont les portes sont scandées d’impostes en verre opalescent. En retrait, une partie plus intime, lambrissée du sol au plafond, évoque un fumoir, précédé d’une baie à arc en plein cintre. Le palier de la cage d’escalier est garni d’une balustrade ajourée figurant une grande corbeille de fleurs dans le style « Paris 1925 », tandis que la rampe vers l’étage présente un jeu de triples balustres.

La spacieuse salle à manger présente une monumentale cheminée Art Déco en marbre vert veiné de gris. Elle est incisée de part et d’autre de frises verticales fleuries en laiton, tandis que la plaque en fonte du fond du foyer est sculptée de motifs de cervidés entourés de spirales et de feuilles exotiques. Cette cheminée, très large, sort des ateliers De Coene de Courtrai et est elle-même prolongée par des commodes galbées encastrées, surmontées de plaques du même marbre vert. Toutes les fenêtres de la maison, du rez-de-chaussée jusqu’aux combles, sont originellement décorées en imposte de vitraux à motifs de corbeilles fleuries ou de branches de cerisier, dont on retrouve des exemplaires d’origine replacés dans la cuisine. Des lambris en bois, deux meubles-bar encastrés dans les angles et des cache-radiateurs en laiton achèvent de décorer la salle à manger. Des portes intérieures comportent encore leur imposte à verres opalescents. Les cache-radiateurs en laiton, présents un peu partout dans la maison, présentent les mêmes découpes que ceux de l’hôtel Riez ou du Résidence Palace, les motifs centraux étant des corbeilles fleuries, des spirales ou encore des chats.

Les pièces de vie présentent des hauteurs de plafond variables. Les revêtements et les moulures varient d’un espace à l’autre, créant différentes ambiances et des sensations d’intimité et de confort, à la manière des grands logis anglais de Voysey.

Dans les mansardes s’alignent les chambres et salles d’eau pour la domesticité.

La propriété est ceinte d’un muret à pilastres, rythmé de grilles garnies de motifs à spirales. Le garage de la propriété est abrité dans le soubassement de la façade à rue.

Le grand jardin de 20 ares, restitué en partie par un cliché d’époque d’Émile Sergysels montrant la façade arrière, a été aménagé dès 1928 par le paysagiste Jules Buyssens. Celui-ci y a créé une demi-douzaine de petits plans d’eau pittoresques entourés d’enrochements (aujourd’hui disparus), des murets de pierre sèche, des enfilades d’arches et de rosiers, des sentiers et platebandes dont les bordures sont encore visibles, une terrasse latérale surélevée, etc. Il n’en subsiste que quelques vestiges : des murets en pierre sans joints (comme le voulait Buyssens, pour permettre à la végétation d’y croître) en soubassement de la terrasse latérale ou encore des « pas japonais » en stepstones.

Extrait de l’article inédit de Benoît Schoonbroodt, Jean-Baptiste DEWIN (1873-1948), mai 2026.

 

Typologie(s)
Villa
Date(s)
1927
Commanditaire(s)
Charles Collart, agent de change
Source(s)

L’Émulation, 1929, 6, p. 50

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